vendredi 15 décembre 2023

La Boucle

 



Voilà plus d'un an, je fis une grande découverte en lisant la préface d'Anna Karénine, le chef d'œuvre romanesque de Léon Tolstoï.

L'auteur de la préface, dont j'ai perdu le nom, expliquait que l'auteur avait écrit ce roman culte en à peine plus d'un été, ce qui est tout bonnement incroyable lorsque l'on sait que le livre dépasse allègrement les 1000 pages.

Ce qui est plus intéressant encore, c'est qu'on apprend que Tolstoï a mis plus de 4 ans à corriger son livre, 4 ans pour, comme il est écrit : refermer toutes les boucles.

Je tentais à cette époque de reprendre un projet important "Zeitgeist" dans lequel je pataugeais depuis des années et j'ai compris, en lisant cette préface, ce qui clochait avec mon livre : je voulais tout raconter et il m'était impossible de refermer toutes les boucles que j'avais ouvertes. 

Ce fut une véritable révélation ! J'ai d'abord tout remis dans l'ordre, puis j'ai posé deux bornes, qui m'ont permis de créer un espace maitrisable, une décade, une histoire, un fil rouge. Conséquence directe : j'ai dû retirer plus de 80 pages au projet que j'avais entamé bien des années plus tôt.

Je suis reparti de zéro, pour ainsi dire. Et j'ai poussé autant que j'ai pu pendant plusieurs mois, mais j'ai bloqué avant d'avoir achevé le livre 1, certainement parce que j'étais encore trop lié à l'histoire que je voulais raconter.

Je dois l'avouer : j'ai eu peur de ne jamais pouvoir finir un livre de ma vie mais, seulement quelques semaines plus tard, fort de ce que je venais d'apprendre, je me suis remis sur une fiction que j'avais entamée il y a de cela des années.

Et j'ai écrit le Dernier Amour en moins de six mois.
 
Ce livre arrive aujourd'hui à la fin d'un nouveau cycle : six mois de corrections intenses, de relectures, 10 cycles de révision complets, pour en faire une œuvre qui, je l'espère, saura trouver un éditeur.
 
Et, tandis que j'ai repris l'écriture de Zeitgeist avec la sensation d'avoir tellement appris depuis un an et d'avoir tellement à apprendre encore, je voudrais mille fois remercier Marina Brugerie, Ethan Brugerie Favennec, Isabelle Bercée Di-Puglia, Pascal Brugerie, Émilie Darrot, David Gouzes, Julien Homont, Yan Rymer et Dahlia Lindenberg pour le temps qu'ils m’ont accordé, leur appui, leur lecture, leurs précieux conseils et minutieuses corrections. 

Cette boucle est bouclée, une autre s'ouvre....



Illustration @Isabelle Bercée Di-Puglia 




jeudi 6 juillet 2023

Le Dernier Amour - Extrait





J’essaie de garder ma lucidité. Je ne crois pas qu’il soit vain d’imaginer que les progrès que nous parvenons à accomplir dans la vie, si infimes fussent-ils la plupart du temps, creusent les sillons de la singularité des destinées humaines. 

La Doctrine unique par laquelle chaque être vivant se détermine, comme nul autre avant lui et comme nul autre après son passage. 

Par le meurtre, je suis devenu l’homme que j’ai toujours été. Je n’ai pas de doute : je suis né criminel. Ce criminel que ma mère a reconnu avant tous les autres, dès mon adolescence et le remarquable épisode de la défiguration d’Antoine. 

Ce facteur X, s’il s’agit de cerner avec précision cet obscur déterminisme, me qualifie aujourd’hui plus que tous mes autres chromosomes. Ceux-là sont unanimement relégués en seconde division : le père, le frère, le mari, l’amant, le collègue. Ils ne sont plus que les faire-valoir d’un seul.

L’assassin, enfin, commande à tous les autres... 




Note de l'auteur : Le Dernier Amour est mon premier roman. Il est actuellement en quête d'un éditeur. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : brugstouch@hotmail.com