jeudi 8 décembre 2011

Armurerie


De la rancœur

Des visions sulfureuses

De l’impudique vanité

De la mauvaise pitié

Des pléthores de souhaits ravalés comme autant de sucettes sales

De la jeunesse évanouie aux sons de cloches intemporelles : je suis vivant !

Des pardons manqués

De la peine et du chagrin, des caresses volées et floues, des élans transfigurés au-delà de la mémoire

Des étagères de pacotilles, pour des causes indigestes

Des vautours dans la tête noire, comme autant d’alliés détestables

Des encore, pour toujours et à jamais, d’une sincérité dissoute

De la compromission sans autre adjectif

Des sacs de larmes enfin séchées

Ont fait de moi un guerrier, un poète, un imbécile, un exalté.


Je suis armé.


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